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LOUIS XIII (1589 – 1643)



Ce que l'on nomme style Louis XIII couvre en fait la fin de la renaissance française jusqu'à l'avènement du roi Louis XIV, soit près d'un demi siècle :Henri IV 1589-1610, Louis XIII 1610-1643

Après la terreur des guerres de religion, Henri de Navarre avec sa célèbre citation « Paris vaut bien une messe » tente d'apaiser les esprits avec l'Edit de Nantes en 1598 . Avec l'aide de Sully, il s'emploie dès lors à l'enrichissement de la France.

Pour stimuler une activité nouvelle, la création d'industries diverses, notamment celles de l'étoffe et du meuble, est encouragée. La fièvre de bâtir s'empare bientôt de la France qui se couvre de châteaux et de gentilhommières. Nous retrouvons dans ce style de vives influences de l'art renaissant, particulièrement italien et flamand, avec un goût certain pour la surcharge.
Visitant le château de Richelieu, La Fontaine s'écriera « il y a tant d'or que je m'en ennuyais » .


Les caractéristiques :

La forme générale des meubles est souvent compacte. Les lignes sont sévères, géométriques.
D'une tradition issue de la Renaissance, on a conservé le goût des meubles massifs, parfois abondamment sculptés dont la faune et la flore en sont des sources d'inspiration : feuillages d'acanthe, branches de palmier et lauriers croisés, guirlandes de drapeaux, chutes, cartouches, pointes de diamant. Mais aussi mascarons, têtes animales…..
Sur les panneaux simples, je pense aux plateaux de table par exemple, ou panneaux de porte, on retrouve souvent des techniques d' « arasé », véritables marqueteries géométriques constituées de savants assemblages massifs.
Les montants des meubles sont souvent des colonnes cannelées ( pour le Henri II ), mais surtout tournés en forme torse, en chapelets ou en balustres. Les pieds des meubles eux aussi souvent tournés sont dits raves ou en boules.
Réductions d'architectures immobilières, on y retrouve -sur les traverses hautes en forme de frontons ou de galeries ou encore les entretoises basses de tables, sièges et buffets- des bobèches tournées reprenant les formes des pots a feu.

Il faut malgré tout ne pas oublier de rappeler que sous cette époque l'utilisation de la colle est autorisée et permet l'incrustation de motifs simples en marqueterie, souvent en ébène, mais aussi en pierres dures ou en os. De là se crée une nouvelle corporation : les menuisiers en meubles deviennent Ebénistes.


Les variétés de meubles :

Le cabinet : Meuble très luxueux, il comporte un corps supérieur dont les vantaux sculptés cachent des compartiments de tiroirs de part et d'autre d'une niche centrale, généralement habitée par une nymphe romaine. Le secrets y sont nombreux. La partie basse, beaucoup plus simple est généralement composée de colonnes ou de cariatides reliées par un plateau ou des entretoises
L'armoire : Soit composée de deux corps, quatre portes, soit d'un seul corps et de deux portes.
Les portes sont généralement ornées de tas de sable ou de pointes de diamant. Les moulures de corniche s'évadent souvent exagérément horizontalement, et sont plus « plates » que « hautes ».

La table : En bois massif, elles sont copies de celles de la renaissance. Plateau de bois souvent en « arasé », nombreux pieds tournés et reliés par des entretoises en H ou I.

Le lit : De forme cubique de par leurs baldaquins tournés, ils sont peu profonds ( les gens dormaient assis ) et richement recouverts de tissus.

Les sièges : De même architecture que les tables ( pieds tournés, entretoise en H ), ils sont hauts , larges mais peu profonds. Rendus confortables par la garniture apparue à cette époque, ils sont recouverts de tissus ou de cuir gaufré et ceinturés de clous à tête bombée.
Il faut également noter l'apparition du rotin : liane d'Inde faisant jusqu'à 500 mètres de long, qui une fois travaillée, refendue et calibrée donne la possibilité de réaliser de confortables cannages.

LOUIS XIII (1589 – 1643)
Table à volets en chêne. Les panneaux du plateau sont crénelés en bois de bout, et viennent s'encastrer dans des mortaises pratiquées dans les emboitures. L'ensemble est chevillé, ou assemblé par clous carrés en fer forgé.

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