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LOUIS XVI ( 1774-1793)
Roi à vingt ans, Louis XVI reprend maladroitement la succession de Louis XV.
Homme bon et honnête, Louis XVI se défiera des conseils de ses ministres et n'accordera sa confiance à personne. Des finances affaiblies par la guerre d'indépendance américaine, des conspirations de son proche entourage auront raison de son manque de fermeté et le conduiront à sa perte. Sourde aux secousses qui s'annoncent, l'Epoque se veut insouciante et légère. La Reine donne le ton et stimule par des dépenses considérables un artisanat au sommet de la perfection et dont le prestige rayonnera sur l'Europe toute entière. LES CARACTERISTIQUES En 1748, la découverte de Pompéi fascine l'Europe. Quelques années plus tard, Caylus fait paraître un recueil des « antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et gauloises ». Désormais, les excès de rocaille cèdent la place à la symétrie et aux formes rectilignes. On ne recherche plus la grandeur et l'exubérance de richesse, mais la légèreté et l 'équilibre. Tout ce qui caractérise l'Art gréco-romain est très en vogue . S'opposant aux sinuosités du baroque, ce style prêche la rigueur, 1'orthogonalité. Les structures des meubles ne sont plus dissimulées sous des courbes qui s'y greffent mais sont au contraire mises en valeur, soulignées et commandent le dessin même du mobilier. On aime les formes droites et l'on se méfie des courbes qui ont trop marqué le style précédent. Les meubles sont désormais très structurés et prennent des formes géométriques simples : Carrés, rectangles, ronds, ovales, demis-ronds….La rigidité est malgré tout assouplie par l'emploi des angles en pans coupés, des ressauts, des angles arrondis convexes et concaves. Des formes types de l'architecture antiques sont utilisées, comme les cannelures des colonnes. Il est à noter que tout est inspiration et non plagiat architectural. L'ornementation est composée de perles, nœuds de ruban, fleurettes sculptées, médaillons ovales, entrelacs à la grecque, gerbes de laurier, pommes de pin, rosaces de feuilles d'eau et d'acanthes, frettes, postes, gouttes canaux, cannelures, oves, rais de cœur….. LES VARIETES DE MEUBLES La commode à tiroirs ou à vantaux Le secrétaire à vantaux pour la partie basse LES ARTISTES Architectes Ledoux Soufflot Gabriel Peintres : Hubert Robert Fragonnard Ebénistes : Martin Carlin Oeben Riesener Leleu Topinno Weisweiler Jacob
Petite table à jeux en marqueterie d'acajou et de citronnier. Les pieds en gaine (de forme pyramidale tronçonnée) sont typiques de l'époque. Ce genre de meuble était très fréquent au XVIIIème et ils rivalisaient tous entre eux d'ingéniosité. Ici, les quatre coins s'ouvrent et le plateau pivote d'un quart de tour pour laisser apparaître un tapis de jeu.
Secretaire Louis XVI en noyer. Les poignées carrées sont typiques de ce style. Vous remarquerez aussi les formes générales très strictes, les cannelures sur les montants, les intérieurs de facade de tiroir ou d'abattant en retrait et ornés de ces quart de rond en laiton, ou encore les pieds en gaine (de forme pyramidale tronconnique).
Imposante commode régionnale en noyer. Les tiroirs sont divisés en trois parties chacun par des filets de marqueterie incrustés avec des coins à la grecque. Les formes sont strictes et divisées de manière égale, les pieds sont en fuseau, ou appelés aussi en gaine. Vous remarquerez enfin sur les poignées ou les entrées de serrure les noeuds ornant le dessus du bronze.
Elegante petite table d'appoint, en forme de rognon, dit aussi en haricot. L'ensemble est marqueté, le fond est en bois de rose, les filets sont en buis et en ébène, et les ornements intérieurs sont en palissandre. Les pieds gainés se finissent dans des pieds en bronze carrés typiques du style. Les boutons de tiroirs -appelés boutons lentille- reposent sur des fleurettes de bronze. Cette association bouton lentille sur fleurette est exclusive du style.
Ce motif de cubes sans fin est réalisé en marqueterie, et il orne le dessus de la table rogon précédente. Cette habile combinaison de placages sera très appréciée sous Louis XVI, mais apparaîtra dès Louis XV.
Paire de fauteuils à médaillon d'époque XVIIIème, recouverts d'une tapisserie dite au petit point dépoque Napoléon III. Le bois naturel comme ici (noyer) est moins courant car à cette époque il est plus classique de rencontrer des sièges en hêtre patiné. On reconnait les jolis modèles à leurs pieds rudentés (asperge sculptée remontant dans la cannelure), à la finesse des motifs décoratifs, et à l'élégante proportion du médaillon par rapport à l'assise.
Pour reconnaître un siège d'époque, il faut s'assurer que: -la découpe interne des traverses est brute de scie à main (attention aux sciages mécaniques !!!) -l'ensemble est chevillé -les pieds arrières soient bien inclinés -les cannelures sont de profondeurs irrégulière, et leurs rives non paralèlles -les moulures soient imparfaites, car rappelons le, la toupie n'existe pas !! -les proportions générales du style soient respectées, car le style Louis XVI est certainement celui qui a été le plus copié.
Joli fauteuil de transition Louis XV-Louis XVI signé de Gailliard. Vous remarquerez ses accotoirs mouvementés très Louis XV, bien que le reste des formes soit du style. Les dés de raccordement arrondis sont aussi une originalité à souligner. Idem que plus haut, les pieds cannelés sont rudentés.
Signature Gailliard (siège ci-dessus): Recu maître en 1781
« En raison de la date tardive de son accession à la maîtrise, ce menuisier n'a produit que des sièges et des lits Louis XVI, mais en assez grand nombre. Il s'agit dans l'ensemble de fabrications classiques et très soignées, mais certains de ses ouvrages, par leur originalité, se hissent à un niveau supérieur. Mentionnons entre autres, une chaise chauffeuse à dossier à crosse et pieds en console, finement sculptée d'acanthes et de rosaces, et des fauteuils à dossier médaillon encadré de colonnettes cannelées, pourvues de consoles d'accotoirs à cannelures torses, d'un modèle raffiné assez rare. Gaillard, qui possédait un atelier rue Saint Nicolas, puis au moment de la révolution , rue de Charenton, a notamment livré des sièges au château de la Roche-Guyon. Il travailla ensuite pour le Garde-Meuble impérial et vivait encore en 1815. Il semblerait que dans les dernières années du XVIIIème siècle, après l'abolition des corporations, Antoine Gaillard se soit livré à des travaux d'ébénisterie. C'est en tous cas ce qui ressort de l'apparition en vente publique de meubles en acajou portant son estampille, en particulier une petite commode et un bureau à cylindre, d'excellente qualité de fabrication et de très belles proportions. » (D'après l'ouvrage de Pierre Kjellberg le mobilier du XVIIIème siècle).
Commode en noyer, composée de trois tiroirs ornés de rubans sculptés sur leur périphérie. La géométrie de l'ensemble est stable, équilibrée, parfaitement symétrique, bref encore un bel exemple de ce style classique.
Charmante petite commode de style Louis XVI en marqueterie, composée d'ébène, de buis, d'acajou, de sycomore teinté en vert grâce aux oxydes de cuivre. Cette copie de qualité très correcte est appelée "sauteuse" du fait du grand espace existant entre les tiroirs et le sol. Vous remarquerez les pieds encore très Louis XV, qui démontrent encore une fois qu'il n'existe pas de fracture entre les styles.
Détail de l'entrée de serrure à rubans, elle même apposée sur une marqueterie de même motif.
Détail du bronze décoratif -appelé "chute"- de l'angle de cette commode
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